Symbiose

Symbiose
Il y a eu Ostentation:

Avec une demande...
"_J'ai demandé à votre fille de m'épouser.
_Et j'ai accepté Papa. "

Des souvenirs...
"_Oui. Elle fait partie de notre histoire. J'y penserais avec toujours le même flot de culpabilité...
_Et moi avec son flot de douleur terminai-je."

Des risques...
"_Edward...murmurai-je.
_ Je respecte tes règles me rassura-t-il. "

Des nouvelles...
"_ Phil et moi allons avoir un bébé, Bella. "

Des disputes...
"_Tu m'as désobéit. Edward, es-tu si arrogant ? Cela ne t'a-t-il pas suffit de m'avoir acquise ? Devais-tu l'achever ? "

Des questionnements...
"_Pourquoi as-tu accepté la demande en mariage d'Edward ?
_Parce que je l'aime."

Des hésitations...
"_Oui mon ange.
_Est-ce que je fais une bêtise ?"

Des engagements...
"_Moi Edward Anthony Masen Cullen, je te prends toi, Isabella Marie Swan et je jure de t'aimer dans la joie comme dans la pauvreté, de t'honorer, de te demeurer fidèle et de te chérir à chaque seconde de mon existence. "

Des rencontres...
"_Que penses-tu des Denali ?"

Des promesses tenues...
"_J'ai peur de te faire du mal Bella.
_J'ai confiance en toi Edward.
_Cela sera-t-il suffisant ?"

Des retrouvailles...
"_Tu sens mauvais Bella.
_Merci. "

Des trahisons...
"_Tu comprends pourquoi je ne peux te laisser.
_Non Jake murmurai-je refusant de revenir sur ce sujet.
_Ce symbole le montre, je ne peux pas t'abandonner. Je persévérais jusqu'à t'obtenir.
_Je suis à lui. C'est trop tard Jake. "

Des révélations...
"_J'ai vu l'état dans lequel je t'ai laissé. Alice m'a transmise ton état de conscience. Moi je veux savoir ce que tu as éprouvé. Je veux comprendre ta douleur. Je veux apprendre à te consoler. Cela ne s'effacerait pas, j'en ai conscience. Mais je veux t'apaiser."

Des guerres...
"_Tu dois comprendre Bella. Nous sommes un clan et nous connaissons les Denali depuis toujours. Ils nous ont accueilli de nombreuses fois, nous ont aidé, ils sont considéré dans cette famille comme des amis proches. Ils ne nous ont fait aucun tort. Nous ne pouvons pas les combattre. D'un autre côté, le traité qui nous lie aux Lycans, nous interdit de se joindre aux Dénali. Alors, nous demeurons neutres."

Des réconciliations...
"_J'ai eu peur de toi Jake.
_Je m'en excuse.
_Ce serait la dernière fois que tes sentiments réagiront à la place de ton cerveau. Si tu en as un s'entend. "

Des adieux...
"_Tu vas me manquer Bella.
_Toi aussi Angela. Toi aussi murmurais-je"

Des promesses...
"_Je voudrais qu'à chaque fois que tes yeux croiseraient cette étoile, que tu aies la certitude que je ne t'abandonnerai jamais. Je veux aussi que lorsque tes yeux croiseraient cette étoile, que tu te souviennes que je t'appartiens et que toi seule à la clé de mon âme. Ce bien que j'ignore posséder lorsque tu n'es pas là. Comme cette étoile, je veillerais sur toi, comme cette étoile, je serais ton support. Comme cette étoile, je te serais éternelle."

Des miracles...
"_Elle est enceinte."

Des séparations...
"_Va la voir, elle pleure.
_Pourquoi son époux ne va-t-il pas la consoler ?
_Parce que son époux souffre également.
_Il suffirait pourtant que ce dernier lui revienne ?"

Des excuses...
"_Mais mon ange, je ne m'en suis jamais allé."

Des envahisseurs...
"_Dans ce cas, que la guerre continue. Jane à toi l'honneur. "

Des sacrifices...
"_Je sais mon ange. Je sais. C'était un acte vraiment courageux. Se rebeller pour...
_Une humaine terminai-je. "

Des naissances...
"_Mon amour...
_Oui ?
_Merci.
Je souris.
_Pourquoi ?
_De m'avoir permit de connaître l'humanité. "

Et une fin...
"Au crépuscule de ma vie, une nouvelle aube m'est apparue. Telle une éclipse, elle transforma mes nuits sombres en de nouvelles lunes. Apportant une âme à un cadavre errant. "

Et une suite....Symbiose.


# Posté le samedi 06 décembre 2008 13:04

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 08:46

Le commencement d'une fin.

Le commencement d'une fin.
« Mon nom est Elizabeth René Cullen, plus communément nommé Lily. J'appartiens à la plus rare des espèces. Engendré par un vampire et par une humaine, je représente la symbiose de deux espèces, de deux idéaux, de deux êtres parfaits ».
A l'aube de ses 16 ans, Lily voit sa parfaite vie de famille se bouleverser. Comment réagira-t-elle en apprenant qu'elle en est la cause ? Comment appréhendera-t-elle son histoire ? L'histoire de ses parents ? Cette histoire qui faisait qu'elle était ce qu'elle était. Mi-Vampire, mi-Humaine.

« Mon nom est Isabella Swan Cullen, plus communément nommé Bella. J'appartiens à la plus attrayante des espèces. Engendré par des humains, j'appartiens à présent aux vampires. »
Bella était devenue Vampire. Edward et elle étaient parents d'une splendide Lily. Alors que leur vie semblait dessiner de tendres horizons. Leur passé les rattrapèrent. Un passé lourd d'histoires. Comment y feront-ils face ? Comment survivront-ils à ce nouveau défi ? A cette histoire qui faisait ce qu'ils étaient, ce qu'ils devenaient. Celle d'un Vampire et d'une Humaine.

# Posté le samedi 06 décembre 2008 14:31

Modifié le samedi 06 décembre 2008 14:56

Un univers empli d'amour

Un univers empli d'amour
Lily

En famille on n'est jamais seul à posséder son univers, à se posséder ! En famille on est toujours là pour quelqu'un !
[Michel Dallaire]


« Ses ombres difformes qui hantaient mes rêves, tournoyant, virevoltant. Qui étaient-ils ? Que me voulaient-ils ? Qu'espéraient-ils ?
_Bonsoir Lily
Cette voix gutturale...Je la reconnaissais. Du moins, je le pensais. Je l'avais entendu, il y a fort longtemps. Peut-être trop longtemps. Un souffle. Une douleur. Un cri ».

Je me réveillais en sursaut. Ce même cauchemar. Depuis mon enfance, je le faisais de manière récurrente. Et constamment je tentais d'en découvrir les commanditaires. Sans succès. Retenant un soupir, je jetais un coup d'½il à mon réveil. 5h. Seulement. Je jetais mes couvertures, persuadée de ne plus retrouver le sommeil. M'arrêtant devant ma fenêtre, je contemplais cette nuit si profonde, si silencieuse. L'obscurité m'avait toujours conféré cette quiétude. Cet absolu bien-être. Selon Oncle Emmett, je tenais cela mon père. Le solitaire. C'était ainsi qu'il était surnommé avant de rencontrer ma mère. Me rappelant ces derniers, je décidais de les rejoindre. Ils ne dormaient jamais. Etre vampire pouvait parfois avoir quelques avantages, dont l'absence de cauchemars. J'étais à demi-vampire. Etant donné que lorsque je fus conçus, ma mère était encore une humaine. J'avais donc hérité une part de son humanité. Mon père disait toujours que c'était le plus beau cadeau qu'elle avait pu me faire. Il s'était toujours considéré comme un être monstrueux. Abjecte idée. Il était un être bon. Je m'étais toujours sentit proche de lui. Peut-être étais-ce parce que j'avais hérité de son don (Je pouvais lire dans les pensées) ? Ou peut-être étais-ce simplement que nous nous ressemblions énormément ? Non pas physiquement mais spirituellement.
Je sortis de mon antre et parcourus le couloir. Passant devant la chambre de mes parents, leurs pensées me parvinrent.
Mon ange, que se passe-t-il ?*Bella*
Elle s'inquiétait beaucoup trop. Oncle Emmett disait qu'elle ne changerait jamais. Peut-être était-ce vrai ?
Gnome, tu veux faire une nuit blanche ?*Emmett*
Je retins un grondement. Je détestais lorsqu'il m'appelait ainsi. Je trouvais cela dégradant. La porte de la chambre de mes parents s'ouvrit sur mon père. Adonis, Apollon, nommez le comme il vous plaira. Pour moi, il s'agissait du plus bel être que j'avais eu l'honneur de contempler. Sa peau aussi pâle que la mienne, sa mâchoire carrée et dure, son nez droit, ses pommettes saillantes, ses yeux ocre, signe de ce qu'il voulait être, de ce qu'il s'était battu pour être. Tout, en lui, suintait de pureté. Un sourire étira ses lèvres lorsqu'il me prit dans ses bras. J'omis de suite mes cauchemars, mes démons intérieurs. Mon père avait cette emprise sur moi. Il me faisait me sentir bien.
Un cauchemar ?*Edward*
J'opinai faiblement, m'emplissant de son odeur. Sucré.
Veux-tu en parler ? *Edward*
Je niai doucement. Il me relâcha et s'effaça, laissant ma mère m'étreindre prestement. J'adorais sa fougue. Ses cheveux bruns caressèrent mes joues. Nous avions la même taille, ce qui aurait pu être amusant. Elle avait 19 ans. De bientôt trois ans mon aîné. Figée dans son immortalité alors que moi je grandissais sans savoir si cela cesserait. Je me détachai de son étreinte, et contemplai mon deuxième miracle. Ma mère. La courageuse humaine qui m'avait mise au monde. Elle était d'une beauté si rare. Ses longs cheveux bruns, retenus en une natte, se berçaient au rythme de ses pas. Alors que ses splendides yeux topaze me scrutaient avec tendresse. Une moue inquiète emplissait ses traits. J'en ris.
_Pourrais-tu cesser de t'inquiéter ?
Lorsque je cesserais de la faire enrager*Emmett*
Jamais. Mon père joignit mon hilarité alors que ma mère se renfrognait et quittait la salle, faussement vexé. Mon père me fit un clin d'½il et la rejoignit en deux enjambées. Il la barricada dans ses bras alors qu'elle tentait de se débattre. Leurs taquineries m'amusaient continuellement. Ils s'aimaient vraiment. D'un amour si pur, si profond, qu'il aurait convaincu les plus septiques. Je le vis s'emparer de ses lèvres avec cette tendresse qui lui était propre et je détournais les yeux. Je ne pouvais pas être dégouté de leurs attentions. Ils étaient si jeunes, du moins physiquement parlant. Je me refusais de leur gâcher la vie.
Il y a vraiment de la religion dans ses baisers car même lorsqu'il blasphème, il demeure pieux*Bella*
Mon père devait lire cette pensée au même instant. Cela me dérangeait de violer l'intimité de mes proches mais plus encore celle de ma mère. Grand-mère Esmé, disait qu'avant ma naissance, les pensées de ma mère étaient illisibles pour mon père et qu'une fois enceinte, ce fut maman qui pouvait lire dans ses pensées. Ce qui le faisait enrager. A présent, il lui faisait payer cet affront qu'elle avait commis à cause de moi.
Edward, n'as-tu pas honte de te conduire ainsi devant ta fille ?*Esmé*
Je ne fais qu'honorer les désirs de ma femme, voyons*Edward*

Je ris alors que deux bras se saisirent de mes hanches et que je percutais une épaule. Emmett.
_Je t'emmène loin de ses indignes parents.
_Repose là toute suite Emmett morigéna ma mère.
Oh oh ! Cela reprenait. Oncle Emmett était un vrai enfant. Tante Rose s'en plaignait constamment. Cela n'empêchait leurs pensées d'être...tendres. Mon don avait bien évidemment ses défauts. Surtout lorsque son détenteur vivait parmi trois couples. Il tentait bien sûr de me cacher cela mais leurs efforts s'en trouvaient assez vains. Avec l'âge, j'avais su apprendre à contrôler mon don. Oncle Emmett déambula dans les escaliers tandis que je l'intimais de me lâcher. Mais mon grizzli d'oncle était d'une force insurmontable. Je vis passer, le salon, la cuisine et une légère nausée me prit. Je demeurai partiellement humaine.
Ca va gicler de partout*Emmett*
La tête me tournait toujours lorsqu'il me posa promptement. Je tanguais dangereusement. Aussitôt des doigts frais m'aidèrent à me sentir mieux, m'aidèrent à ravaler cette nausée. Je reconnus la délicieuse odeur de ma mère. Un mélange de freesia et de celle de mon père.
C'est un abruti...Quand grandira-t-il ?*Bella*
_Jamais murmurai-je.
Elle me sourit, caressant mes cheveux.
Eddie, ce n'est qu'une blague. Papa Eddie fait le méchant*Emmett*
Je ne pus retenir un rire alors que ma mère me menait dans le salon, m'installant près de Tante Rose. Ma marraine adorée. Elle était d'une beauté à damner un saint. Justement ce fut le prix de sa beauté, la damnation. Ses longs cheveux blonds se posèrent sur mes épaules. Je m'étais toujours demandé à quoi je ressemblerais avec cette teinte de cheveux. J'étais brune comme ma mère. Bien que mes boucles me viennent de mon père. Alice, elle refusait que je la désigne comme tante, déambula dans le salon, suivit d'Oncle Jasper. Il m'offrit un de ses magnifiques sourires.
Alors on découche*Jasper*
Il était le plus prudent des membres de ma famille mais j'avais appris depuis mon jeune âge, pourquoi. Il ne souhaitait que ma sécurité, que mon bien-être. Il refusait de me faire du mal. Il avait si peur que cette part humaine que je portais le pousse à certains extrêmes. Je ne lui en tenais pas rigueur. D'autant plus, qu'il était un confident des plus présents. Silencieux, attentif et toujours de bons conseils.
As-tu faim ? *Esmé*
Je niai doucement. Elle me gâtait beaucoup trop. Presque autant que Grand-Père Carlisle. Ce qui n'était pas peu dire.
_Hey Lily ! Que dis-tu d'une séance shopping demain ? S'enquit Alice.
_Non...j'ai des tas de choses à faire répondis-je prestement.
Ma mère retint un rire. Elle savait dans quelle impasse je me trouvais. Ne pouvait-elle pas m'en sortir ?
_Vraiment ? Demanda Oncle Jasper amusé.
Je me mordis l'intérieur de la joue. Pas de Shopping. Lançant un regard suppliant à ma mère, elle comprit.
_J'aurais besoin de Lily demain. Une autre fois peut-être.
Je lui souris, reconnaissante.
Tu ressembles bien trop à ta mère*Alice*
_Heureusement s'extasia mon père en arrivant derrière ma mère.
Cette dernière remit en ordre ses boucles rousses.
_Où est Emmett ?
Il mange de l'herbe*Edward*
Il m'adressa un clin d'½il avant de hausser innocemment les épaules.
Tu retrouveras ton oncle en forme dès demain. *Edward*
Je vais te tuer Edward, viens me sortir de ce terrier *Emmett*

Je ne pus retenir un rire. J'étais vraiment épuisée. Je souhaitais juste retrouver l'obscurité et le silence. D'ailleurs mes paupières se faisaient lourdes.
_A ce propos, jeune fille, il serait plus raisonnable que tu ailles te coucher me quémanda ma mère.
Surtout que demain, un programme chargé t'attend. Biologie et Anglais. *Bella*
_Mais maman...tentais-je.
On ne discute pas*Bella*
Je ne pouvais pas aller à l'école, de peur de blesser un camarade ou même de le tuer. Mes capacités vampiriques ne pouvaient point être dissimulées. De ce fait, ma famille s'engageait à m'enseigner. Je devais avouer qu'ils étaient de sacrés génies. Surtout mon grand père. Son âge y était pour beaucoup d'ailleurs. J'émis un bâillement. Il est vrai que je commençais à fatiguer.
_Bonne nuit tout le monde murmurai-je.
Bonne nuit mon ange*Bella*
Fais de doux rêves ma belle*Alice*
A demain*Rosalie*
Dis à ton père de me sortir de là, Gnome !*Emmett*

Il pouvait toujours courir. Un gnome ne pouvait point s'exprimer. Mon père me souleva, docilement, fredonnant déjà ma berceuse. Cette adorable petite mélodie composée par ses doigts, dictée par son c½ur. Il me semblait connaître cette mélodie depuis toujours. Bien avant ma naissance. Comme si elle avait toujours été là. Et elle me promettait monts et merveilles. Elle était si entraînante qu'en arrivant dans ma chambre, je sombrais déjà dans l'inconscience. Une inconscience reposante. Une inconscience apaisante. Comme celles qu'avait connues ma mère dans les bras de mon père. Un univers empli d'amour.

# Posté le samedi 06 décembre 2008 17:48

Modifié le samedi 06 décembre 2008 18:00

"Un cauchemar n'est qu'un avenir sous une plus âcre forme"

"Un cauchemar n'est qu'un avenir sous une plus âcre forme"
Bella

O peur, peur auguste et maternelle, peur sainte et salutaire, pénètre en moi, afin que j'évite ce qui pourrait me nuire.
[Anatole France]


Les premières neiges tombaient sur le territoire de Juneau. Apportant dans son sillage, froid, glace. Essence même de ce que nous étions. De ce que j'étais. Mon plus cher désir s'était réalisé. J'étais à présent Vampire. J'étais à présent à la hauteur d'Edward. Digne de lui.
Ces obstacles qui nous séparaient autrefois, ces discordes qui survenaient parfois, n'étaient que vagues souvenirs. Et même si le sacrifice que j'avais dû faire pour le suivre dans la damnation était des plus douloureux, j'étais heureuse des conséquences de cette décision. Cela faisait bientôt 16 ans que je n'avais plus revu René, ni Phil. Je n'avais vu Damien, leur fils. Mon frère. C'était Charlie qui m'avait annoncé ce qu'ils devenaient. Qui me permettaient de garder un lien avec mon ancienne vie. Il me rendait souvent visite. Mon père. Le seul homme assez fou pour permettre à sa fille d'accéder à la damnation. Je n'avais jamais été attiré par son sang. Selon Carlisle, cela venait du fait que je tenais tant à le sauver de ce que j'étais, que ma volonté dominait mon instinct. La victoire de la raison sur l'instinct. Charlie avait été d'une grande aide. Carlisle, Jacob, Edward et lui-même, avaient su simuler ma mort. Notre mort à tous. Un accident de voiture. Si banale. Si...humain. Aux yeux du monde, je n'existais plus. Aux yeux du monde, ma fille n'avait jamais été présente.
Ma douce Lily. Elle était devenue une magnifique jeune femme de 15 ans. A mon grand Damne, elle ne cessait de grandir, atteignant presque mon âge. Carlisle ignorait quand est-ce qu'elle cessera de mûrir. Selon lui, sa partie humaine demeurait bien trop présente. J'avais si peur qu'elle soit mortelle. Mais d'un autre côté, je me refusais de la damner plus qu'elle ne l'était. J'avais « vendu mon âme » et je ne le regrettais pas. Mais la sienne devait lui demeurer. Elle devait demeurer l'être pure qui à cet instant, envoyait des boules neiges à Jasper. Je retins un sourire en l'entendant maugréer contre le stupide don de son oncle. J'avais également sentit ses ondes de compassions. Jasper était un grand tricheur.
Je n'avais découvert aucun don jusqu'à maintenant. Selon Carlisle, cela pouvait apparaître à tout moment. Mais je doutais d'avoir réellement un pouvoir. Je me contentais juste d'être vampire. Cela me suffisait. Bien que j'en sois légèrement déçue.
Détournant mon regard de la fenêtre, je préparais les sandwichs de Lily. Selon ses humeurs, elle se nourrissait de sang ou d'aliments. Je suivais ses envies. Toujours aussi inquiète de son sort. Emmett disait que je m'en faisais trop. Mais j'avais de quoi. Nous ignorions tout d'elle. Et le seul apte à nous renseigner s'était sacrifié pour nous sauver. Démétri. Je sentis son odeur avant d'entendre ses pas, son souffle. Tout en lui m'était devenu familier. Parfois, j'avais même l'impression d'entendre son c½ur. Je ne cillai pas lorsqu'il enlaça ma taille, déposant de doux baisers sur mon cou. Humaine, j'aurais défaillit. Vampire c'était pire. Le moindre contact qu'il instaurait entre nous semblait plus profond, plus...enivrant qu'auparavant. Et je devais toujours conserver un minimum de lucidité. Un véritable minimum. Mon souffle se fit plus heurté. Lucide Bella ! Lucide ! Son souffle...son odeur. Je lui fis face, retenant un halètement lorsque ses yeux se posèrent sur moi. Se pouvait-il que son emprise sur moi soit immuable ? Il m'attira doucement contre lui.
_Qu'est-ce qui peut bien tarauder ton esprit ? Murmura-t-il.
Lucide Bella ! Lucide ! Je caressais un moment son torse avant de relever les yeux vers mon dieu païen.
_N'es-tu pas censé le savoir ?
Il se renfrogna. Bien qu'une moue amusée ne pouvait se retirer de ses traits.
_Ta fille est trop occupée à établir des stratégies pour réellement entendre ce qui est important.
_Parce que mes pensées sont importantes ?
Il opina avant de déposer son front contre le mien. Son nez effleura le mien avant de descendre sur ma joue. Je fermai les yeux, savourant ce délice naturel. Ce joyau. Ce don du ciel. Edward.
_Tout ce qui te concerne, revêt une importance à mes yeux soupira-t-il.
La lenteur qu'il invoquait pour déposer ses lèvres sur les miennes, me rendait folle. Et il le savait parfaitement. C'est pourquoi il continuait à me torturer. Au bout d'un moment, je saisis son menton et m'emparai délicatement de ses lèvres. Je sentis parfaitement un sourire les étirer.
_Fougueuse mon ange murmura-t-il contre mes lèvres.
_A qui la faute ? Répliquai-je.
Ses mains caressèrent mon dos, me rapprochant ostensiblement de lui. Je n'avais plus besoin de respirer. Ce qui comportait certains avantages. Comme à cet instant. Entendant au loin, la voix de Lily, je rompis notre baiser. Il était déjà assez choquant pour elle d'entendre mes pensées. Inutile de lui amener de nouveaux cauchemars. Surtout que selon Edward, elle en faisait énormément mais refusait d'en parler. De ce qu'il en savait, d'après les rares bribes qu'elle avait laissé échapper, il s'agit d'ombres, de vagues silhouettes. J'aurais bien aimé lui en parler mais Edward me l'avait déconseillé. Me quémandant de lui laisser du temps. J'avais accepté à contre c½ur. Savoir qu'elle souffrait d'un quelconque mal, me fendait le c½ur. Je la couvais bien trop. J'en avais conscience.
Nous l'avions empêché de se rendre à l'école, ce qui faisait qu'elle ne côtoyait que les membres de notre famille. Nous nous occupions tour à tour de ses études. Avec des génies dans la famille, il était si aisé. Nous avions juste peur qu'elle ne fasse du mal aux humains. Mais plus que tout, nous souhaitions la cacher. Car depuis 15 ans, le monde des Vampires se portait bien. Mais j'avais la funeste impression que cela ne s'éterniserait pas. Mais cette dernière raison était inconnue à Lily. D'ailleurs Lily ignorait beaucoup de choses de notre passé. Pour son bien-être, pour son équilibre, Edward et moi avions décidé de ne lui révéler que le stricte nécessaire. J'avais été humaine, j'avais une famille qu'elle ne devait pas voir. Son père était vampire et il m'avait transformé. Dans son esprit, elle ignorait James, Victoria, Laurent, les Denali, les Volturi, les loups-garous. Elle n'avait jamais su que son parrain était un être mythique. Pour elle, il ne s'agissait que d'un humain. Inconscient. Mais humain. Cela avait notre choix. Et tous l'avaient respecté. Je refusais qu'elle eût à s'inquiéter pour quoique soit comme j'avais dû le faire. Je voulais qu'elle profite de cette insouciance.
Je vis le regard de mon époux me scruter intensément. Je bloquais de suite mes pensées. Si Lily venait à découvrir la vérité, elle nous en voudrait éternellement. Ce que je me refusais. Carlisle m'avait appris à fermer mon esprit. Empêchant ainsi Lily de pénétrer mon sanctuaire. Parfois ce contrôle m'échappait. Quand par exemple, son père était à mes côtés.
_Pourquoi dois-tu être l'être le plus intriguant qu'il m'ait été de rencontrer ?
Je souris. Le nombre de fois qu'il avait marmonné cette phrase atteignait les milliards. Et la réponse était toujours la même.
_Parce que le monde est ainsi. Et qu'il aura fallut que tu rencontres une banale humaine pour te rendre compte que tu n'es pas infaillible.
_Entre nous Bella, je demeure le plus infaillible des deux.
C'est alors qu'il m'incendia de son regard de lave. Je sentis mes joues s'embraser. Bien que je savais cela impossible. Lily franchit le seuil de la cuisine, me sauvant de ce nouveau cercle vicieux. Edward se plaça derrière moi dans une posture plus formelle. Cela n'empêcha ces mains de se promener sur mon ventre. Lucide Bella ! Lucide !
_Je dérange peut-être sourit-elle.
Je reportais mon attention sur elle. Elle était si belle. Ressemblant plus à son père qu'à moi-même. Ses cheveux étaient une cascade de boucles brunes. Alors que ses deux topazes contrastaient avec sa pâleur irréelle. Je tendis l'oreille dans l'espoir d'entendre son c½ur. Le doux battement de son myocarde me conforta. Je redoutais le jour où il cesserait de battre.
_Evidemment Gnome marmonna Emmett en débarquant à sa suite.
Lily gronda. Elle avait un sacré mordant. Une répartie et un courage. Un sacré courage. Selon les Cullen, son caractère revêtait des allures de Swan. J'en étais fière. Elle se rua sur les sandwichs, comme une affamée. Jacob était vraiment un piètre modèle. Je ne pus m'empêcher de rire en la voyant ainsi.
_Attention Famille ! Un ogre a pénétré dans nos quartiers s'exclama Emmett
Immature Emmett ! Puéril ! Rosalie lui asséna une tape bien dirigée sur le sommet de sa tête. Heureusement qu'elle le tempérait sinon je ne répondais plus de moi-même. Il était le compagnon de jeu idéal pour Lily. Un Grizzli, gentil et puéril. Bien que démesurément attardé ! Je vis Lily éclater de rire. Emmett la jaugea, méfiant. J'attendis qu'elle repose son verre d'eau avant d'annoncer.
_Lily, je viens d'avoir Jake au téléphone. Sa famille et lui passeront les fêtes de Noël avec nous. Charlie également.
J'avais bien anticipé sa réaction vu qu'elle émit un cri particulièrement strident en me sautant au cou.
_Je suis vraiment vexé. Elle s'extasie pour le clébard mais pas même pour son oncle grogna Emmett provoquant notre hilarité.
Lily se reprit, me relâcha. Elle n'avait pas vu Jacob depuis quelques années. Il était occupé durant les fêtes de Noël. Il avait ouvert un garage et semblait prospérer dans cette matière. J'en étais heureuse. Selon les dernières nouvelles. Myriam et lui auraient eu une fille. Kayla. De sept ans moins âgée que Lily. J'avais hâte de le revoir, lui et ses quelques rides. Il n'avait pas eu à se transformer depuis un moment. Ce qui lui avait permit de vieillir à mon grand amusement et à sa grande exaspération. Lily demeura pensive un moment. J'aurais tant apprécié avoir le pouvoir de son père. Celui se prononça.
_Nous pourrions y aller cette après-midi.
Elle sursauta comme inconsciente de notre présence avant d'acquiescer et de se retirer. La cuisine était déserte. J'entendis la télévision retentir puis me retournai vers Edward, suspicieuse.
_Que voulait-elle ?
_Acheter quelques cadeaux.
Je n'aimais pas trop l'idée de la voir sortir mais je savais que c'était nécessaire. Elle deviendrait folle dans cette cage dorée.
_Ne t'inquiète pas. Il ne lui arrivera rien.
Je le savais. Tant qu'il était là nous ne risquions rien. Il m'enlaça tendrement, fredonnant ma berceuse. Je souris. Certaines choses ne changeaient jamais.
oOo

Alice trépignait. Quoi de plus étonnant ? Nous faisions les boutiques. Jasper secoua la tête avec amusement. Les rues étaient bondées. Après tout, Noël n'était plus bien loin. Je contemplais avec émerveillement, les lampions qui se balançaient au gré du vent, les marchands qui tentaient de faire quelques bonnes affaires. Cela sentait vraiment Noël. Un bras se posa autour de ma taille. Je souris en voyant Edward, renfrogné.
_Leurs pensées me déplaisent susurra-t-il.
Je ris. Sa jalousie m'attendrissait constamment dans ces cas-là. Je n'avais jamais eu conscience des pensées des autres mais d'après les réactions de mon époux, et les mines dégoûtés de ma fille, je pouvais aisément deviner.
_Nous devons absolument nous rendre là s'exclama Alice.
Je vis, avec aucune once d'étonnement, qu'il s'agissait d'une boutique de vêtements. Lily leva les yeux au ciel. Oui mon ange ! Faisons-lui plaisir. Juste un effort. Elle opina fataliste.
_De toutes les choses que tu lui as transmise, il s'agit sans conteste de la plus amusante. J'ai l'impression qu'Alice devient de plus en plus folle murmura Edward.
Un rire m'échappa, qui redoubla lorsqu'Alice fusilla Edward du regard.
_Je n'aurais peut-être pas dû chuchota-t-il.
Sa jeune s½ur entraîna ma fille dans différents rayons. Tandis que Rosalie se faisait conseiller quelques tenues par Emmett. Jasper s'installa sur un fauteuil et attendit.
_Peut-être est-il temps de lui chercher son cadeau ?
Il me tint fermement la main et nous nous promenâmes. Cela me ramena quelques années en arrière, lors de notre première Noël. Un merveilleux souvenir. Un tendre et voluptueux souvenir.
_J'avais pensé à une voiture.
Je n'en fus guère étonnée. Sa passion pour les voitures m'était bien trop connue. J'étais sûre qu'il saisirait la première occasion pour lui en fournir une.
_Elle n'a pas encore 16 ans.
_Ce n'est pas bien grave.
Voyant mon air sévère, il leva ses mains en signe d'apaisement.
_Tu deviens acariâtre mon amour.
_Vraiment ?
Il acquiesça vivement. Acariâtre ? Moi. Dans ce cas, je lui ferais payer son impertinence. Son impudence. Très bientôt. Très très bientôt.
_Tu ne m'en veux comme même pas Bella ?
Je m'éloignai de lui. Cogitant sur ma future vengeance, lorsque je tombai sur la vitrine d'une bijouterie. Toute d'or décorée, un élément m'avait particulièrement marqué. Un fin bracelet, décoré de fines inscriptions que je reconnus de suite. Des runes. De nouveau, je fus captivée par cette relique. Comme plusieurs années plus tôt. Et pourtant je ne comprenais toujours pas cette sensation.
_Mon ange ?
Je ne répondis pas, absorbée par cette trouvaille. C'était exactement ce dont avait besoin ma Lily. Une minuscule chose gorgée de puissance. Je pénétrai dans la salle à l'aspect moderne et chic. A l'exacte opposée de ce bracelet. Je pouvais sentir la présence d'Edward sur mes talons. Je m'avançais vers le comptoir. Un homme assez âgé nous accueillit avec une lassitude peu commune. J'avais l'impression de revivre ma vie. Cet homme ressemblait tant à cet antiquaire. Comme une répétition de ma vie. Et ce cela qui m'effrayait. Quelle serait la prochaine étape ? Une guerre ?
_Madame
Cette voix blasée me ramena dans cette réalité.
_Bonsoir Monsieur. Puis-je voir le bracelet que vous avez exposé ?
Il me jaugea un moment puis opina. Il disparut un court instant, instant durant lequel Edward me saisit les épaules. Il semblait de plus en plus frustré.
_Que se passe-t-il Bella ?
_Je l'ignore Edward...c'est comme avec ton alliance...ce bracelet est pour Lily, je le sens.
Cette impression d'être une débile profonde me revint. Même les émotions y étaient. Tout recommençait.
_Bella, en es-tu sûre ?
_J'ignore ce que c'est Edward. Tu dois me prendre pour une folle.
Scrutant chacun de mes traits, il secoua la tête par reddition.
_Non bien sûr que non. C'est juste que j'aurais apprécié comprendre.
_Moi aussi.
Il acquiesça avant de reporter son attention sur le vendeur qui revenait. Il déposa devant nous, l'objet souhaité. De nouveau, cette transe me prit. L'impression que cette chose m'appelait, que ces runes souhaitaient attirer mon attention.
_Nous la prenons s'exclama Edward.
Comment pouvait-il suivre ma lubie ? M'étais forcée d'admettre que je lui en étais reconnaissante. C'était si étrange. Cette alliance, ce bracelet. Qu'est-ce que cela voulait-il dire ? J'étais toujours semi-consciente lorsqu'Edward m'entraîna à sa suite. Il me releva le menton.
_ Tu m'inquiètes sérieusement murmura-t-il.
Je devais lui dire. Cela devait sortir. Je pris une longue inspiration et me blottis contre lui. Son c½ur me semblait battre de plus en plus vite.
_Edward...tout recommence.
_Comment cela ?
_Noël, ce bijou, Jacob et Charlie réunis. Tout résonne comme un retour au commencement.
Il me serra fortement contre lui. Humaine, j'aurais étouffé. Vampire, je l'avais souhaité.
_Vous ne craignez rien Bella.
_Mais imagine toi que c'est vrai. La prochaine étape est forcément...les Volturi.
Il me saisit fortement le visage, foudroyant mes yeux. Un sanglot m'échappa. J'avais réellement peur. Il semblait tendu.
_Il ne vous arrivera rien. Au nom de tout ce qui m'est chère. Je le jure. Je vous en fais la promesse. Pour vous atteindre, ils devront passer sur mon cadavre.
Pour appuyer ses termes, il se saisit de mes lèvres. Un baiser presque violent. Un baiser qui m'était également très familier. Et si notre avenir incertain n'était en fin de compte que notre passé sous une plus âcre forme ? Sous une plus obscure silhouette ? Sous une plus affreuse ombre ? Un cauchemar en somme d'un retour aux sources ?


# Posté le lundi 08 décembre 2008 08:57

Paradoxe sentimental

Paradoxe sentimental
Lily

Si on ne change pas, on ne grandit pas. Si on ne grandit pas, on ne vit pas vraiment. Grandir exige un abandon provisoire de tout sentiment de sécurité.
[Gail Sheehy]


J'allais revoir mon parrain. Mon Jake. Il était cruel d'avoir dû supporter son absence. Tout comme Oncle Emmett, il s'agissait d'un compagnon de jeu, comme Jasper, il était toujours à mon écoute. Contrairement aux autres membres des Cullen, il ne me couvait pas. J'étais pour lui, sa filleule, humaine comme vampire. Rien ne l'alarmait dans cela. C'était la raison pour laquelle, sa présence m'était si nécessaire.
Depuis que j'avais appris ce que nous étions, je m'étais étonnée de son inconscience. Il fréquentait les vampires sans aucune peur. Côtoyer notre monde sans pressentir le danger que nous étions pour lui. Comme ma mère à ses débuts. Mais contrairement à elle, il était encore humain. Lorsque mon père avait pris conscience de mes cogitations, il était partit d'un grand rire, disant qu'ils étaient doté de papilles assez évoluées pour ne pas avoir à goûter au sang de mon parrain. Toute sa famille l'avait suivit dans son hilarité tandis que Maman s'était contenté de lever les yeux au ciel. Il m'avait alors semblé louper une plaisanterie implicite.
Je sortis mon journal et le déposai sur mon bureau. C'était un cadeau de Tante Rose pour mes 15 ans. Elle avait accompagné ce geste, de quelques lignes que j'avais précieusement conservées.
« Tu te construiras un monde. Un monde où notre famille n'aura plus vraiment sa place. Un monde que tu aimeras partager. Dont tu aimeras parler. Ce journal deviendra ce confident que tu souhaiteras. Cependant n'oublie pas qu'un journal ne saura te répondre et que d'autres êtres pourraient s'avérer d'une grande aide, de bons conseils.
Je t'aime ma chérie.
Rose. »
Elle n'avait pas eu totalement tort. Certaines choses étaient trop étranges à raconter, trop...intimes. Et parfois, ce journal me permettait de les étaler, de les analyser. J'y annotai le rêve qui m'avait tant effrayé la nuit dernière. De nouveau, ces ombres m'étaient apparus, terrifiantes. Une chose néanmoins avait différé. Alors qu'elles s'approchaient de moi, ostensiblement, un loup s'était placé entre ses monstres et moi. Son pelage d'un gris presque noir. Un loup à la taille d'un géant. Loup ? Pas totalement. Il me semblait plus gros. Plus grand. Plus...humain... C'était absurde j'en avais conscience. Mais dans ce rêve, j'étais attachée à ce loup. Il m'était familier. Et c'était en me protégeant qu'il s'était sacrifié. Qu'il avait perdu la vie. Je revoyais encore ses crocs aiguisés, j'entendais encore sa plainte en cette nuit. Je le revoyais tomber, me jetant un dernier regard qu'il m'avait été insupportable de contempler. Je reposais mon stylo, un instant. Quel genre d'animal cela pouvait-il être ? Un loup...un humain... Cela m'avait semblé si réel. Comme une de ses visions d'Alice. J'allais devoir cesser de regarder des films avec Oncle Emmett. Ses choix de film étaient à l'image de son caractère. Violent et absurde. Cela ne semblait pas empêcher mon inconscient d'en capter la moindre action. Retenant un bâillement, je me dirigeai vers mon lit et m'y allongeai, contemplant le ciel à travers ma fenêtre. Les nuages étaient hauts, présents tandis que la neige ne semblait pas décider à disparaître. Je souris. Tante Rose devait être en train de gémir contre ses cheveux mouillés. Ils étaient allés chasser autour du domaine. Ayant un appétit humain en ce jour, j'avais refusé de les accompagner. J'étais donc seule dans l'immense bâtisse, ce qui ne les empêchait pas d'être assez prêts pour débarquer si le moindre danger se profilait. Quel danger ? Nous étions assez éloignés de toute sorte de vie humaine à des kilomètres à la ronde. C'était comme si nous étions seuls au monde. Comme si j'étais seule au monde. Et ce n'était pas pour me déplaire. J'adorais ces rares instants de solitude. J'avais l'impression de me retrouver. Moi Lily. Ne vous m'éprenez pas, j'adorai ma famille, ils étaient mon socle, mes racines. Mais parfois, j'appréciais me séparer de l'arbre, être une frondaison. J'eus soudain une crampe au ventre. Cela m'arrivait souvent ces derniers temps. Je n'y accordai néanmoins aucune importance. Cela affolerait ma mère.
Mes yeux se balançaient au rythme des nuages. Je tentai de deviner leurs formes. Trop épuisée pour me concentrer davantage, je sentis mes paupières s'alourdir. Je luttais légèrement. Je n'étais pas encore prête à retomber dans le royaume de l'horreur. Bien trop faible, je me laissais aller. Sombrant peu à peu dans mes rêves sans lumière.
oOo

« Cours Lily...
J'ignorai à qui appartenait cette voix mais je sentis mes jambes s'exécuter. Les larmes humectèrent mes joues. Bon sang ! Pourquoi ne pouvais-je être plus rapide ? J'étais encore trop humaine. Un rire méphistophélique s'éleva. Un rire qui me glaça les veines... »

Ce ne fut pas l'étrange rire qui me réveilla mais plutôt une âcre odeur. Une odeur que j'étais censée apprécier. Mais édulcorée...étrangère. Je sortis de mon inconscience, tentant de saisir l'origine de cette bizarrerie. C'était du sang...Je reconnaîtrais partout cette fragrance teintée d'une vague odeur métallique... Contrairement à l'ordinaire, il semblait défraîchi...mort ? Je me redressai, scrutant les alentours. Le crépuscule approchait et d'après le silence qui régnait dans ma tête, nul n'était rentré signe que je n'avais pas somnolée longtemps. Autour de moi, rien ne semblait avoir changé, aucune cause à cette odeur. Me levant, je me dirigeai vers la fenêtre. Rien d'anormal également. Je fus soudainement soucieuse. Qu'est-ce que tout cela signifiait ?
Je me rendis compte que l'odeur ne venait pas du décor, ni du paysage. Cela venait de moi. Me jaugeant, je ne vis rien susceptible de m'alarmer, j'étais saine. Du moins...j'en avais l'air. Mon regard fut alors attiré par une tâche sur ma couette. Une tâche sombre...purpurine. Source de l'odeur. Affolée, je m'y approchai...en effleurai la texture...du sang ? Du sang ?! Mon Sang. D'où venait-il ? Je n'étais pas blessée. Je courus dans ma salle de bain et me plantai devant la large glace, retirant un à un tous mes vêtements. C'est alors que je pus voir...j'en étais toute tâchée...De larges filets de sangs striaient mes jambes pâles, se déversant goutte à goutte de mon...moi. Je plaquai ma main sur mon visage...Je perdais du sang...J'étais en train...de me vider. Que se passait-il ? Je m'effondrai à genoux sur le sol. Allais-je mourir ? Allais-je tout perdre ? Etais-je tombée malade ? M'étais-je blessée inconsciemment ? Pourquoi ce sang ne m'attirait-il pas ? Pourquoi en étais-je éc½urée ? Je tremblais...vacillée. Des larmes s'échappèrent de mes yeux...J'allais mourir. Mes parents allaient me retrouver...Ma mère allait défaillir...Comment avais-je pu me tuer ? Comment avais-je pu leur faire cela ?
Nous sommes rentrés *Esmé*
J'aurais voulu leur hurler que j'étais là...que j'étais en train de les quitter de partir. Mais mes cordes vocales semblaient me refuser ce dernier souhait. Je devais les appeler. Leur demander de l'aide...
_Ma....murmurai-je...
Incapable d'en dire plus. J'aurais tant souhaité la voir. De nouveau ses crampes me nouèrent le bas ventre. Bon sang ! C'était donc cela. J'avais provoqué ma propre mort, en voulant épargner mes proches. Je m'en voulus de les faire souffrir. J'avais été si stupide. Une flaque de sang gisait sous moi. J'en avais conscience. Mes doigts en étaient imprégnés.
Lily !!*Edward*
Papa...il m'avait entendu...il m'avait entendu...Béni soit son don ! Cependant, glissant un regard sur moi, je vis que j'étais...nue ? Il ne pouvait pas me voir ainsi.
_Que se passe-t-il Lily ? Hurla-t-il à travers la porte de ma chambre.
_Non...murmurai-je...
Ne rentre pas je t'en prie...Appelle Maman.
_Lily...Es-tu blessée ? Poursuivit-il.
S'il te plaît Papa. Trouve Maman. Je t'en supplie. J'entendis une porte s'ouvrir à la volée. Celle de ma chambre.
Du sang...mort ? Non... Etait-elle blessée ? Quand bien même l'aurait-elle été ? Le sang serait...attirant ?*Bella*
Que voulait-elle dire ? Ce sang ne l'attirait donc pas. Cela la dégoûtait-il comme il me dégoûtait ? La porte de la salle de bain s'ouvrit prestement. J'en fus soulagée. Cependant son expression n'était pas celle à laquelle je m'étais attendue ? Elle paraissait étonnée, inquiète. Mais pas horrifiée ou effrayée ? Comme moi.
Je pense savoir ce que c'est...Bien que cela paraisse légèrement improbable.*Bella*
Bon sang Bella...Parle*Edward*
Que se passe-t-il Edward*Carlisle*

Tant d'interrogations. Une seule ayant la réponse. Ma mère. Elle me saisit par les bras et me releva. J'étais consciente que tous attendaient ses paroles. Ce réconfort. J'en fus légèrement gênée. Je n'allais donc pas mourir. Cette maladie ou cette blessure se soignait. Elle eut un sourire léger mais empreint de tristesse.
_Lily...c'est normal. Durant un de tes cours de biologie, je t'avais parlé de cela. Lorsqu'une jeune fille atteint la puberté...
Oui. Je me souvenais qu'elle avait parlé de cycles menstruels périodiques. Soudain tout s'éclaira...Non...Je n'étais pas une jeune fille normale...J'étais vampire...Je ne pouvais pas...Elle me prit de sa bras, me voyant tétanisée.
Oh...Comment est-ce possible ?*Edward*
Je fus soudainement embarrassée. Mon père savait...Quelle horreur ! Je n'oserais plus le regarder. Je devais le dégoûter...Il devait se demander quel abomination j'étais...
Bien sûr que non mon ange...C'est normal*Edward*
Je refusais qu'il m'en parle. Je voulais qu'il s'en aille. Qu'il n'assiste pas à cela. Je voulais qu'il me laisse seule un moment avec...ma mère. Cette dernière me fit asseoir sur le bord de la baignoire. Et s'accroupit face à moi. Je me rendis compte que je la voyais flou. Mes larmes s'étaient encore montrées. Elle essuya mes joues.
_Je te dois des excuses ma Lily. Je pensais que tu n'aurais pas besoin que je t'en parle...Que tu étais plus vampire qu'humaine. Apparemment non. Tu sais, c'est normal...Cela veut juste dire que ton organisme fonctionne...Que tu peux procréer.
Ne lui donne pas d'idée Bella *Edward*
Il gronda ce qui fit sourire ma mère.
_Ne l'écoute pas quoiqu'il dise.
_Mais maman...je ne suis pas normale...
_Bien sûr que oui mon ange...
Je niai vigoureusement. Elle me tint le menton, me forçant à scruter ses prunelles emplies de douceur. Je me perdis un moment dans son regard avant de me mettre à sangloter. Je ne pouvais pas être normale...J'étais un hybride...Un monstre...
_Mon ange...Tu es tout ce qu'il y a de plus normale...tu es juste unique...
_C'est contradictoire répliquai-je.
Elle sourit.
_C'est vrai...Peu importe ce qu'est être normal. Je ne le suis pas non plus reprit-elle. Je suis un vampire. Marié à un vampire et mère d'un ange.
Je la suivis dans son rire, amusée par la tournure des choses. Elle s'assit alors à mes côtés, me berçant doucement.
_Cela veut juste dire que tu es une femme soupira-t-elle.
Cela devait lui peser. Je grandissais trop vite sans savoir quand je m'arrêterais. Et ce qui m'arrivait n'appuyait que le fait que j'étais des plus Humaines. Elle se leva silencieusement et quitta la pièce avant de revenir avant que la porte n'eut le temps de se refermer, une boîte bleue entre les doigts. Voyant mon air interrogateur, elle sourit.
_J'en ai toujours. J'ignore pourquoi. C'est comme si je demeurais femme dans un certain sens...
Elle me les tendit. Je reconnus une boîte de tampons. Je rougis.
_Tu n'as pas à être gênée...
Elle m'expliqua comment l'appliquer. J'espérais vraiment que mon père n'entendait rien. Je n'oserais plus lui faire face, ni à lui, ni à aucun autre membre de la famille. Elle me sourit une dernière fois avant de quitter la pièce. Me laissant une intimité méritée. Je soupirai. Moi qui croyais mourir alors que je n'étais qu'en train...de grandir. Je soupirai. La tâche de sang me prouva à quel point j'étais étrange. Le sang que j'étais censé boire se déverser de moi.
Un mot que ma mère avait prononcé me vint à l'esprit. « Procréer ». Avoir des enfants ? Ce que mes tantes et ma grand-mère souhaitaient tant ? Je rougis à cette idée. C'était si absurde. Si...humain comme espérance.
Je me levai et décidai de prendre un bain, histoire de retirer de ma peau, toute allusion à ce qu'il venait de passer...à l'abomination que je devenais.
Ne t'inquiète pas Lily, nous sommes toutes passées par là. Nous serons t'aider*Rosalie*

Bella :

Je n'aurais jamais cru que cela lui arriverait. Nous avions tant été persuadé que cette part vampirique dominait que nous en avions oublié ce détail. Elle était une femme. Une petite femme. Je retins un sanglot. C'était si dure pour moi de la voir grandir. Ne pouvait-elle pas demeurer enfant encore un moment ? Ce détail n'était pas sans me rappeler combien mortelle elle était. Je mis en marche la machine à laver, nettoyant ses draps et ses vêtements. Elle avait été si terrifiée. Me dirigeant vers le salon, je les vis tous m'attendre, des expressions plus ou moins différentes. Carlisle à son habitude était songeur, Esmé inquiète. Alice et Rosalie me sourirent, complices. Nous avions tous vécu ce moment. Assez embarrassant à vrai dire. Je me demandais si j'avais bien réagit. Si je l'avais assez réconfortait. J'ignorais quoi lui dire de plus. Je n'avais jamais eu à avoir ce genre de conversation. Jasper se contenta de jouer l'indifférent. De peur de paraître maladroit. C'était sa façon à lui de réagir face aux choses qu'ils ne contrôlaient pas. Emmett retenait un grand rire. Je le fusillai du regard. Une remarque de travers et je l'égorgeais. Le dernier visage était celui de mon époux. J'aurais apprécié lire dans ses pensées à cet instant. Me tournant vers lui, je le vis adossé sur le mur, le visage dans le vague. Ses traits étaient impassibles. Froid. Ainsi il ressemblait tant à une statue. Je m'approchai de lui, prudemment, puis caressai ses boucles rousses. Son regard rencontra le mien brièvement avant qu'il ne me prenne dans ses bras. Je nichai mon visage au creux de son cou, humant son odeur si délicieuse.
_Elle grandit trop vite marmonna-t-il.
_Je sais répondis-je.
Il demeura silencieux un moment. Sa main longeant ma colonne vertébrale, dans une tentative de réconfort.
_Te rends-tu compte de ce que tu viens de lui demander ? Me morigéna-t-il.
Je m'écartai légèrement de lui, ébahie. De quoi parlait-il ? Je ne lui avais absolument rien demandé. Ses yeux se levèrent au ciel avant de me fusiller du regard.
_Procréer ? Elle n'a que 15 ans bon sang !
Comprenant soudainement, je ne pus m'empêcher de rire. Bientôt suivit par notre famille. Qu'il était protecteur ! Ce n'était pas comme si elle était déjà en couple. Cela me fit penser qu'elle n'avait eu aucun contact avec les garçons depuis son enfance. Autres que les membres de la famille, s'entend. Non que je souhaite qu'elle ait déjà quelqu'un mais je m'inquiétais pour son équilibre.
_A quoi penses-tu ? S'enquit Edward, suspicieux.
_A rien.
Il m'aurait sauté au coup si je lui avais communiqué mon idée. Cela me fit penser si Lily lisait dans mes pensées à l'instant. Non elle devait être trop déboussolée.
_Notre Lily est devenue une femme s'extasia Emmett.
Cela me rappelait que je devais lui mettre les points sur les i.
_Ecoute moi très attentivement, Emmett Cullen.
Je me dirigeai d'un pas menaçant vers lui. Il fit mine de se cacher derrière Jasper. Ce dernier feinta à gauche, le laissant à découvert face à ma colère. Alice sautillait gaiement.
_Si je t'entends faire une remarque...un soupçon de sous-entendu, dire un mot à propose de tout cela, je te promets sur mon éternité que je te laisserais jamais en paix...Est-ce clair ?
Il opina faussement effrayé. Brandissant le signe d'une croix. Je levai les yeux au ciel.
_Tu auras également affaire à moi m'appuya Edward.
L'assurance de son Grizzli de frère parut s'ébranler légèrement. Mais il demeura fier. La voix de Carlisle nous força à redevenir sérieux.
_Cela signifie qu'elle est encore plus humaine que nous le croyions. Peut-être décide-t-elle cela ? Peut-être force-t-elle cette part humaine à s'exprimer ?
Elle souhaitait être humaine plus que vampire, contrairement à moi. Nous étions différentes à bien des égards. Bien que je compris pas son malaise. Etre un vampire était des plus intéressants.
_Cela ne pourrait être que des conjectures ? Quoiqu'il en soit dès à présent, nous devrons la considérer comme une humaine. Elle a été effrayé de ce qui lui arriver à cause de notre manque de discernement. Nous devrons être plus consciencieux termina Carlisle.
Nous opinèrent tous. Je me blottis contre Edward, me sentant légèrement coupable. J'étais sa mère. J'aurais dû lui expliquer tout cela. Lui faire comprendre ce qu'elle était. J'avais juste souhaité l'épargner. Ses lèvres se posèrent sur mon front.
_Ce n'est pas ta faute.
Il me connaissait si bien, me comprenait si bien. Bien que je n'en fusse convaincu, j'opinai. D'un mouvement, il me souleva et me tint fortement contre lui. Il m'entraîna loin de notre demeure, au milieu de la forêt sous la nuit noire. Me déposant, je perçus tous ses traits malgré l'obscurité. Il était toujours aussi splendide. Mon dieu. Il caressa mes bras, remontant jusqu'à mon cou.
_Tu n'es pas fautive.
Ses lèvres caressèrent mes joues, remontant à mes paupières. Je savourai ce contact, crochetant son cou.
_Est-ce possible de continuer à dépendre de ton emprise ?
Je retins un sourire à ses paroles. C'était assez drôle, étant donné que je ressentais la même chose. Il se dirigea vers mes lèvres qu'il titilla légèrement. Supplice éhonté ! Je m'emparai alors des siennes...Si douces... Il se détacha au bout d'un moment, posant son front sur mon épaule.
_Nous poursuivrons plus tard si tu veux bien...murmura-t-il.
Etonnée, je reculai lentement, attendant des explications. Ce n'était pas dans ses habitudes.
_Je dois parler à Lily.
Etait-ce vraiment une bonne idée ? Peut-être souhaitait-elle demeurer seule ? Il saisit mon menton, comprenant mon inquiétude.
_Je ne veux pas qu'elle croit que je m'éloigne à cause de cela. Nous avons toujours été proches. Je ne veux pas que cela change.
J'obtempérai, comprenant parfaitement son point de vue. Il déposa un tendre baiser sur mes lèvres avant de se retirer, telle une fusée vers la chambre de sa fille. J'étais heureuse de leur lien. Bien que j'eusse espérée avoir un moment avec mon époux. Boudeuse, je retournai moins promptement vers notre demeure.

Lily

J'étais assise sur mon lit, dans l'obscurité, dans le silence. Nul n'était venu me perturber dans mes cogitations, je les en remerciai. J'avais pu apprécier ma solitude. Mieux admettre mon état. Pas totalement mais...l'admettre. C'était si étrange...Je me sentais différente. Plus grande ? Non juste différente. Tout en me sentant la même. Paradoxe sentimentale. J'avais regroupé mes jambes contre moi, posant mon menton sur mes genoux. J'aurais tant aimé écrire ce que je ressentais mais je n'y arrivais pas. J'étais trop...perdue. Perdue à l'intérieur.
J'entendis de légers coups sur la porte. Sursautant, je tentais de percevoir de qui il s'agissait.
Puis-je ? *Edward*
Je ne voulais pas lui imposer ma vue. Ma présence. Il serait peut-être plus facile pour lui de m'ignorer.
Je n'en ai aucune envie*Edward*
Soupirant, j'opinai, le laissant pénétrer mon antre, mon monde. Je n'avais aucune envie de le voir s'éloigner également. Notre relation était bien trop spéciale. Il passa son visage d'ange dans l'embrassure de la porte, vérifiant que j'étais toujours d'accord. J'acquiesçai de nouveau. Il referma la porte derrière lui avant de demeurer ainsi devant moi, gêné, se balançant sur ses talons. J'étais également mal à l'aise.
_Lily...Tu n'as pas changé pour moi. Tu es toujours ma fille. Qu'importe ce qu'il t'arrive.
Je te dégoûte avoue-le.
Pas plus qu'Emmett*Edward*
Je retins un rire. Il en profita pour prendre place à mes côtés. Il demeura silencieux, attendant sûrement un mouvement de ma part. Et s'il me repoussait ? Et si notre relation se muait en quelque chose d'horrible ? Il se retint de me contredire. Je lui en fus reconnaissante. Tentant le tout, je posai ma tête sur son épaule. Son bras me rapprocha de lui, m'étreignant. Je retins un soupir. Rien ne changerait.
_Merci murmurai-je.
Il fredonna ma berceuse. Je souris, l'enlaçant à mon tour. J'adorais mon père. C'était vraiment un être des plus merveilleux. Nous demeurâmes ainsi un long moment, appréciant mutuellement la compagnie de l'autre.
Puis-je me permettre quelque chose ?*Edward*
Je levai les yeux vers lui, il semblait hésitant. Je devins suspicieuse. De quoi s'agissait-il ?
Lorsque ta mère parlait de procréer, elle ne parlait pas tout de suite*Edward*
Je ne pus m'empêcher de rire. Parfois il en avait de ses idées, déjà il aurait fallut un homme dans ma vie. Cette pensée exprimée, je risquai un regard vers mon père. Il s'était figé.
Souhaites-tu vraiment quelqu'un dans ta vie ?*Edward*
Non bien sûr que non. Je suis trop jeune. Il n'était cependant pas dupe. Bien sûr j'aurais apprécié connaître ce que mes parents connaissaient, ce que tous dans cette maison connaissaient. Mais j'avais conscience que c'était trop tôt.
Beaucoup trop tôt*Edward*
Nous ne dîmes plus rien. Bien que nous n'en pensions pas moins. Nous nous contentions de penser chacun dans son coin. Sans prendre en compte ce que l'autre pensait. Une sorte de débat intérieur silencieux entre un père et sa fille.

# Posté le lundi 22 décembre 2008 10:08